DIEU

l'interview

Jean Pierre

Connaissez vous vraiment le patron du Chapter languedocien ?

J’attendais avec impatience cette interview depuis 1 mois, je n’ai pas été déçu, et c’est chez Rachel, devant un déjeuner, que s’est passée la rencontre. J’ai eu en face de moi un homme qui parle franc, qui n’évite aucune question, le tout teinté d’une pointe d’humour, un plaisir. Le seul inconvénient, Rachel a fait les frais de la discussion. On ressemblait à deux machos qui se parlent entre eux sans s’occuper de la maîtresse de maison.

C’est dès l’apéro que la discussion a démarré…

Alain

la force tranquille !

1-     Alain : Jean Pierre la force tranquille du Languedoc Chapter, ça te plait comme intro ou tu en préfères une autre ?

Jean Pierre: pourquoi pas, ça me va très bien

Alain : Comment est tu venu à la Harley, puis au HOG ?

Jean Pierre: c’est une très longue histoire et je vais essayer de faire court. J’ai passé mon permis à 30 ans, j’en ai 45, et ma première bécane a été un custom 600 Shadow. Rapidement j’ai été attiré par Harley et mon premier 883 est arrivé, suivi d’un fat boy le tout à Macadam Moto ancien magasin. Donc, mon premier contact a été comme client. A cette époque j’avais une entreprise de plats cuisinés et j’ai été le fournisseur des repas « haut de gamme » de l’écurie de course de Macadam Moto pour la French Harley Cup. Ils mangeaient tellement bien qu’ils ont gagné deux années consécutives. C’étaient des grands moments partagés avec eux mais j’étais toujours un client. Ensuite Gilbert (ndl : patron dealer) m’a fait l’honneur de me parler de son projet de déménagement et d’agrandissement et de me proposer d’y travailler comme vendeur. On était en 1994, j’ai vendu mon entreprise et sans connaître ni Harley ni le commerce de ventes de motos, je me suis lancé. Trois mois après, on était installé au Mas de Grille actuel. Le Chapter a démarré très peu de temps après, c’était les balbutiements.

1-     Alain : Au risque d’égratigner ta modestie, en quelques années tu es devenu une pièce incontournable de la concession et le dealer te laisse les rênes quand il s’absente, mais revenons au Chapter. Parles nous du LCF de sa création a aujourd’hui ?

Jean Pierre : il est né il y a 10 ans, j’ai été nommé director et à l’époque on demandait aux premiers inscrits s’ils voulaient faire partie du bureau, je me rappelle on distribuait au feeling les emblèmes de fonction. On s’est tous pris au jeu et depuis 10 ans ce sont les mêmes qui m’aident sans rechigner, et tout le monde est reconduit régulièrement sans difficultés. L’assistant director Félix a 75 ans et roule encore Harley. Il faut signaler qu’au LCF un noyau d’une trentaine de membres environ est d’une gentillesse hors du commun, ce qui fait que les nouveaux venus se sentent bien, très rapidement. De plus le dealer Gilbert, qui a autorité sur nous, est d’une discrétion exemplaire envers le Chapter. Actuellement, nous sommes une centaine de membres inscrits et je contrôle bien sûr que tout ce petit monde soit bien enregistré au HOG, je contrôle aussi que ce magnifique outil que l’on nous donne ne se retourne pas contre la concession mère.

Macadam Moto - ZAC Mas de Grille, 34430 St Jean de Védas, tel: 04 67 47 22 15, fax: 04 67 69 03 22

AlA Alain : Que penses tu sincèrement des critiques formulées régulièrement contre le HOG ?

Jean Pierre: le HOG est un splendide outil et à ce titre il n’est pas critiquable, car quand même, l’idée est de rassembler des gens ayant la même passion, comment peut on critiquer cela. Actuellement, je crois qu’on enregistre 900 000 membres dans le monde et si quelques cons s’installent à l’intérieur, la critique devrait porter uniquement sur une question de personnes. De plus, l’image de bourges est caricaturale, très souvent ceux qui critiquent ne sont ni HOG  ou n'ont pas d’Harley. A ceux là, je dis venez chez nous, faites une ballade et après on en reparlera.

1-     Alain : Comment se passe l’organisation des activités ? tu confirmes que c’est au jour le jour ?

Jean Pierre: non, pas au jour le jour ,au mois le mois. Il est vrai que j’ai sidéré les instances dirigeantes en réunion en disant cela. Calendrier, connaît pas, une fois par mois le bureau se réunit, on décide de la sortie, on envoie les dépliants et basta, et cela fait dix ans que ça fonctionne comme cela. Dans le midi on n’a pas la même manière de voir les choses. Tout d’abord, on a une région magnifique où à moins de 150 Kms tu n’as que des paysages différents et de toutes beautés, à Paris tu fais plus de 300 Kms pour sortir des sentiers battus. Si j’emmène le Chapter à plus de 150 Kms c’est la révolution, la majorité des membres ne veulent pas rouler loin. On a un profond respect par exemple pour le Chapter de Paris Sud Est (je le cite car on est jumelé) il part le samedi matin, vient nous rendre visite, fait la bringue et le dimanche à 10 h ils repartent tous sur Paris, chapeau. Chez nous la plupart ne savent pas rouler en groupe et veulent pisser tous les 50 kms. Mais on a d’autres qualités…      

2-     Alain : Quel bon souvenir peux tu nous narrer pendant toutes ces années au Chapter ?

Jean Pierre: Il y en a beaucoup mais un ressort, c’est une certaine réunion HOG des Chapters très sérieuse et officielle, où 43 chapters devaient se présenter et bien sûr cela n’en finissait pas, on était en plein délire et je me disais : je vais faire une grosse connerie pour débrider tout cela. Quand le micro est arrivé vers moi, je me suis présenté comme cela : «  je me présente je suis Dieu et voila mes 12 apôtres (le bureau), saint Jean, saint Pierre etc.… » Ça a jeté un froid. L’année suivante on s’est présenté avec des tee shirt blanc où au dos était inscrit : «Dieu pour le mien encadré des 12 membres du bureau avec leur saint inscrit». On nous a prié l’année suivante de venir moins nombreux. Depuis, cette parodie est toujours restée au sein du LCF, et les titres aussi.

1-     Alain : Une question typiquement féminine parles nous des ladies au sein du Chapter.

Jean Pierre: point noir du Chapter composé presque exclusivement d’hommes avec épouses accompagnatrices. Donc la place de Ladies Harley Officer est à prendre. Mesdames  vous pilotez une Harley rejoignez nous !

s a Alain : Revenons à toi avec une question plus indiscrète, je crois que tu es un Montpelliérain de pure souche, plusieurs générations de ta famille sont Languedociens, on voit souvent ton gamin dans les sorties, est-ce à dire que ton épouse n’adhère pas au trip Harley ?

Jean Pierre: c’est exact je suis Montpelliérain de souche, je suis marié depuis 25 ans et j’ai deux beaux enfants, un garçon de 16 ans et une fille de 8 ans. On se partage avec ma femme les enfants le dimanche des sorties, elle la fille moi le garçon. Donc souvent le siège arrière de ma bécane est occupé par mon fils. Il est vrai que pour ma femme la moto ne la fait pas spécialement rêver, elle craint le froid, la pluie, mais ça ne l’empêche pas de temps en temps de faire avec.

 

le scoop ! Krab n'est pas Écossai

1-     Alain : L’humour est ton cheval de bataille, on en a que pour preuve Dieu et ces 12 apôtres (le bureau) ou les dictons humoristiques envoyés mensuellement  aux membres. Ce n’est quand même pas que grâce à cela que tu arrives à faire l’unanimité au sein du groupe…et du dealer ?

Jean Pierre: les dictons me viennent naturellement, mais je ne fais pas l’unanimité partout, mes débordements quelquefois, sont mal perçus mais tant pis. Je ne bois pratiquement pas d’alcool donc un seul verre de champagne me fait monter sur la table pour le bonheur de certains mais pas tous. Chez nous on essaie de ne pas se prendre la tête, car quand même, on est des privilégiés : une moto de 20 000 euros en moyenne, une bonne santé pour la piloter, des potes pour t’entourer, si avec ça tu te crées des problèmes, c’est grave. Au sein du Chapter mes amis intimes me dopent tout le temps et grâce à cela je tiens bien la route. Tu rajoutes à cela que le dealer me laisse carte blanche et que ses relations avec les membres du Chapter sont plus axées sur l’amitié, tu évites d’oublier que c’est quand même lui le patron et le résultat est que tout fonctionne à merveille.

Alain : Ou trouves tu toute cette énergie, ton boulot très prenant au sein de Macadam moto, tes responsabilités au sein du Chapter, tu es perpétuellement en mouvement. Beaucoup d’épouses auraient déjà « pété les plombs » ?
Jean Pierre: pas la mienne, question d’habitude .Depuis 25 ans que je suis marié, j’ai eu un restaurant, une entreprise d’aliments sous vide, j’ai été traiteur, donc elle a prit l’habitude de me voir travailler continuellement. Au début chez Macadam je rentrais entre midi et 14 h, et bien figures toi que j’étais complètement désorienté je n’avais pas l’habitude d’arrêter. L’énergie, je pense que je la tiens d’une vie saine : course à pied et « Vittel », ce qui n’empêche quelques excès de temps en temps.

1-    Alain : Le jumelage avec Paris Sud Est Chapter ?

Jean Pierre: voila comment deux conceptions totalement différentes de la route se retrouvent comme deux larrons en foire. L’humour et le trip Harley nous a tellement rapprochés qu’on a décidé il y a deux ans de se jumeler. Je pense que c’est la première fois que cela se produit en Europe

-     Alain : Pourquoi as-tu vendu ton fat boy et avec quoi tu roules maintenant ?

Jean Pierre: je l’ai vendu car il ne m’était plus d’aucune utilité, la raison est qu’au sein de la concession nous avons six motos de magasin servant soit en prêt soit en essai et le cahier des charges d’Harley nous oblige à les emmener au moins à 1600 Kms avant de pouvoir servir, donc je fais partie de ces privilégiés qui rodent toutes ces motos.

Alain : Rachel s’impatiente pour le repas qui refroidit, je te remercie beaucoup d’avoir répondu à cette interview et j’espère que tu as remarqué l’allusion : 12 apôtres, 12 questions !

Jean Pierre: Allez on attaque les pizzas. Bon appétit !

Interview réalisé le 15.12.2004

interview Alain, photos Languedoc Chapter, Macadam Motos.