l'interview

Jean-Luc Mars

directeur général

Harley Davidson France

Je suis conscient du rôle essentiel de

nos clients dans le succès de la marque !

JR : Allez, on entre directement dans le vif du sujet, la moto, c'est venu comment ?

Jean-Luc : Un 50 Garelli, je n'avais pas encore 14 ans, et après l'escalade traditionnelle, 80, 125 et une 650 Suzuki.

JR : La 650 Suzuki, c'est déjà le sport.

Jean-Luc : Oui, j'ai également eu une Kawasaki Tomcat.

JR : Et Harley ?

Jean-Luc : C'était en 1988, j'avais 22 ans, un FXR Low Rider.

JR : C'est un changement radical ?

Jean-Luc : Je voulais voir, j'étais attiré par le style Harley mais le frisson de l'attaque avec une sportive était toujours présent.

JR : Profitons-en, quelles sont tes passions ?

Jean-Luc : Bien sûr ma famille, je suis marié et j'ai 3 enfants, ensuite pour le fun, la moto, je devrais dire les motos, toutes les motos et enfin en règle générale l'action.

JR : Tout le monde se demande comment l'on devient un patron chez Harley, quel a été ton parcours.

Jean-Luc : Évidemment, en roulant avec le FXR, j'ai côtoyé le monde Harley et j'ai décelé un truc qui m'est apparu unique.

JR : Tu veux dire les bécanes, les hommes, l'ambiance ?

Jean-Luc : C'est tout ça et plus, j'ai voulu m'impliquer !

JR : La mécanique et les deux roues étaient ton métier ?

Jean-Luc : Non, j'étais électronicien, c'était un job sympa mais je voulais changer de voie.

JR : Tu es entré chez Harley en 1990 ?

Jean-Luc : Pour vivre dans le monde Harley, j'ai accepté un job en Allemagne, j'effectuais des traductions techniques. C'était le bas de l'échelle mais je me sentais bien, la Motor Company est respectueuse des valeurs et des hommes.

JR : La promotion interne, c'est toute une culture.

Jean-Luc : Oui, en 1996, j'ai été nommé responsable technique du marché France et en 1997 j'ai eu pour mission d'implanter durablement Buell dans l'hexagone.

JR : C'est un beau défi, mais pour les sportives la concurrence est plus qu'implantée, elle est enracinée.

Jean-Luc : De toutes façons rien n'est simple en matière de business, mais une Buell.. quand on en a essayé une, plus rien n'est comme avant !

JR : Tu sembles conquis par la machine.

Jean-Luc : C'est vrai que parmi mes passions, tout à l'heure je n'ai pas tout dit.. il y a la vitesse, pas n'importe laquelle, celle qu'il faut aller chercher.. pour ça une Buell c'est idéal !

JR : C'est le compétiteur qui parle.. peut être le coureur ?

Jean-Luc : Allez, disons le coureur, j'aime la course de vitesse avec des machines un peu anachroniques, les Buell mais aussi les Harley Davidson.

JR : Tu as eu de bons résultats ?

Jean-Luc : Tu sais en course de vitesse pour les amateurs c'est déjà un exploit de participer, alors terminer en milieu de peloton des pros c'est à chaque fois une grande satisfaction.

JR : Après Buell en France ?

Jean-Luc : Buell aux States, en 1999 j'ai été nommé responsable marketing et développement des nouveaux produits, ce qui a abouti à la gamme actuelle.

JR : Et Harley ?

Jean-Luc : A la suite, j'ai eu la charge de la ligne Softail et j'ai concouru au retour du Springer.

JR : La vie à Milwaukee, c'était bien ?

Jean-Luc : Oui, mais pour moi cela a été surtout, le travail le jour, les études la nuit.

JR : Les études ?

Jean-Luc : Je me suis rendu compte qu'il me fallait un plus pour m'accomplir, finalement ma formation était technique, il fallait évoluer. En 2 ans, j'ai obtenu un MBA à l'université de Milwaukee.

JR : Bravo, belle volonté, mais surtout quel boulot !

Jean-Luc : Ça se fait, je n'étais pas le seul à avoir une "double vie"

JR : Ton but était de rentrer en France ?

Jean-Luc : Mes racines sont en France, alors bien que mon retour n'était pas un impératif, j'y pensais.

JR : Aujourd'hui tu es Directeur Général de la filiale France de Harley Davidson .

Jean-Luc : En 2003 le poste est devenu libre, j'ai postulé et je l'ai obtenu.

JR : Je me demande quel véhicule tu utilises pour aller au boulot ?

Jean-Luc : Mon quotidien c'est la moto, et en règle générale un Road King Standard.

JR : Comment fais-tu pour évacuer le stress que tu emmagasines, as-tu une recette ?

Jean-Luc : J'aime rouler seul, sans contrainte, sans itinéraire, sans but. Au moment où je monte sur la bécane, je n'ai aucune idée de ma destination, je roule à l'inspiration et chemin faisant je me reconstruis.

JR : Quelle est ta devise ?

Jean-Luc : Ce n'est pas de moi, mais je colle assez bien à cette citation: "Je n'ai pas les clés de la réussite mais je connais les clés de l'échec, c'est de vouloir plaire à tout le monde !"

JR : traditionnelle question, qu'est ce que tu aimes et qu'est ce tu n'aimes pas

Jean-Luc : J'aime les passionnés qui vivent les choses à fond et qui ont la flamme, je n'aime pas l'injustice et l'indifférence.

JR : Merci Jean-Luc, maintenant nous te connaissons mieux, nous te souhaitons des runs détente en Harley, des angles aigus "pas trop" en Buell, et une vie harmonieuse en famille et chez Harley.

Article JR