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D’abord, il
y a l’idée.
Et c’est JP qui la soulève : « Contre vents et marée, je vais au
Danemark. Qui m’aime me suive ! ».
Jusque là, ça marche.
Puis, la mise en pratique (et ça se complique un peu) : François C. doit
faire l’itinéraire, mais… François C. ne vient plus. JP, pris par de
multiples activités, ne trouve plus le temps de tracer les itinéraires,
faire les réservations… Qu’à cela ne tienne, c’est Jeff et Suzan qui s’y
attèlent. Voilà donc comment se mettent en place nos Road Captains !
Mais, … confidence au passage, en fait Roskilde n’est que le prétexte.
Le voyage, quant à lui, durera 12 jours : du 8 au 19 août !
Sommes 12 à
avoir répondu au qui-m’aime-me-suive… Sept couples : Jeff et Suzan,
Cyrille et Dodo, Bruno et Flora, Alex et Martine, les 2 « Momo »
Réunionnais Patrice et François (pas du tout un couple officiel, je
rassure les prétendantes !), puis JP et moi.
Deux ou trois jours avant le jour J, nous faisons monter la pression à
grands coups de mails entre nous. Je sais que la préoccupation des
filles est de faire tenir dans la place minuscule que nous octroient
généreusement ces messieurs- parmi le fouillis inutile - (c’est de
l’ironie, bien sûr !) des bombes anti-crevaison, ampoules de rechange,
fils électriques, cartes du pays… Bref tout l’art de faire tenir nos
trois malles habituelles dans douze cm² ! Autant dire : l’impossible !
Je leur assure donc que même une fourmi ne peut plus se faufiler dans
mon sac, que j’ai bien pris trois jours de réflexion à réaliser le-dit
sac pour apprendre à me passer de ce que je n’emporterai pas et dont
j’apprendrais à me passer aisément… Les retours sont immédiats : Alex a
fait le sien depuis 3 jours et la moto est chargée, François, notre
Réunionnais, en grand voyageur organisé, a toujours un sac prêt à partir
dans son garage, Jeff et Suzan vont faire le leur dans le noir, privés
d’électricité depuis le dernier orage et fort occupés à déblayer les
arbres couchés dans leur jardin, Bruno et Flora avaient encore quelques
questions… Cyrille et Dodo : silence radio !
Pas de reproche à faire aux filles, car du côté des hommes : ça fait
trois jours qu’ils sont occupés à briquer les montures, les équiper,
rajouter des drapeaux, des trucs et des machins…
Match homme / femme : un point partout ! |
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Jour 1 : vendredi 8
août. 546 kms.
Nous faisons étape en Belgique, chez nos amis du Hannut Chapter. Marc
Descamps a rassemblé ses troupes pour saluer notre passage. C’est pas
chouette, ça ?
Nous quittons la Concession avec une seule voix : « On joue ! On est des
Bikers ! » Pas de combinaisons de pluie face au ciel menaçant.
Dix kilomètres plus loin, nos jean’s ont un contact plutôt dégoulinant,
râpeux avec la selle. François est trempé jusqu’au tee-shirt et plus… si
affinités…
Valse des hésitations, certains hésitent à enfiler pour de bons les
combi : faut-il être à présent aussi mouillés à l’intérieur qu’à
l’extérieur ? Chacun la joue à sa façon. Deuxième rincée, passé Paris,
où nous venons de prendre Patrice au passage. Cyrille venait tout juste
de finir de sécher. Cela n’entame pas le moral des troupes, bien au
contraire !
Une chose nous amuse tout autant : sur 8 motos que nous sommes, 4 sont
équipées de GPS ! De quoi faire des comparaisons amusantes tout au long
du séjour. N’empêche, c’est hyper confortable, même pour les passagères,
de savoir où nous sommes et quelle distance il reste à parcourir !
Combien de fois, l’avons-nous évoqué entre filles ?
Nous atteignons l’Hirondelle à Otteppe (Belgique) aux environs de 20:30.
Sans effort notable.
L’accueil de nos amis est on ne peut plus chaleureux. Ils nous ont fait
la grâce de venir à … je ne sais plus, mais plus de 20 ! Même ceux de
Gent ont fait la route pour souper avec nous – soit 300 kms
aller-retour, (tout ça au lieu d’aller en boîte à Gent !!!). Mdr.
C’est pas touchant, ça ? Merci bien sincèrement les amis pour votre cœur
et la chaleur de votre accueil !
Jour 2 : samedi 9 août. Plus fort : 577 kms !
Au réveil, le ciel est lavé. Après le petit dej. et le nettoyage des
motos, Martine nous orchestre la chorale du rire : il nous faut
absolument notre ration quotidienne pour être en forme, soit ¼ d’heure
de rire par jour. Il n’est pas interdit de dépasser la dose prescrite
cependant ! Ce à quoi nous nous emploierons consciencieusement chaque
jour.
Etapes : Otteppe (Belgique) – Münster puis Hambourg (Allemagne).
Afin de nous consoler de la monotonie des autoroutes que nous avalons
courageusement depuis 2 jours, nous marquons une halte délire- photos
sur une aire d’autoroute pour l’achat (notoire !) de chiffonnettes afin
de briquer les motos durant le séjour… faisant brusquement grimper la
recette d’un commerçant qui n’en revient toujours pas. Merci Dodo, cet
homme doit encore penser à toi avec respect !
Arrêt à la très belle Concession HD de Münster où le concessionnaire
parle un français impeccable, ajoutant à la qualité de son accueil, sa
sympathie. Nous nous posons sur le port tout proche pour le déjeuner, le
tout en allemand et en anglais. Nous commençons donc à nous déconnecter
du français très vite.
Nous sommes dans la Ruhr, l’ordre et l’industrie Allemande, sont
omniprésents.
Nous atteignons l’hôtel Mercure de Hambourg vers 18:30. Pas le temps de
fainéanter cependant : douche et tenues légères, nous repartons à
l’assaut - à pieds - de la ville pour de très belles photos d’un parc
botanique et d’un restaurant absolument délicieux ! Attention, cependant
: Suzan a chaussé les baskets ! Dangereux, ça … En moto ou à pied, on
suit le Road Captain… Trois cent douze kms pédibus plus loin…, nous
avons tout vu (ou presque ! au grand désespoir de François, notre
réunionnais qui cherchait peut-être un truc un peu particulier…de
Hambourg by night et de sa Cathédrale…
Jour 3 : Dimanche 10 août. 460 kms env.
Le jour se lève, bruineux. Nous enfilons les combinaisons de pluie dès
le départ.
Hambourg – Flesburg – Niebüll pour rallier l’Ile de Sylt (Allemagne) en
Shuttle.
Epique le moment de la traversée dans ce train ! Le chargement des motos
fait, il apparaît que les 2 Trikes (François et nous), devons embarquer
différemment (avec les voitures, en fait !), mais nous avions compris
que nous, passagers, pouvions voyager avec le reste du groupe (bien à
l’abri dans un wagon). Que nenni ! Les autres sont pliés de rire à
l’idée que nous voyageons en direct des intempéries et n’arrêtent pas de
pourrir de messages nos téléphones portables pour connaître nos
impressions…
Dignes, cependant, nous sommes restés ! Nos impressions nous les avons
gardées pour nous. Hein François ?… Les photos, elles, nous faisant
apparaître, secoués, battus par la pluie et les vents, nous trahissent…
Mais nous entrons dans l’Ile de Sylt ! Tout est nouveau pour nous, du
reflet métal de la mer (et pour cause !), jusqu’aux prés verts (et pour
cause aussi !)ceci console de cela. Westerland est notre destination
du jour. Et cette ville ne se rallie que par le Shuttle. Comment vit-on
le quotidien là-bas ?
Bien, très bien. Après l’autoroute, tout nous semble beau. Le plus fort,
c’est que ça l’est réellement ! Tout est charmant, de la petite maison
aux toits d’ardoises, aux placettes avec des personnages verts (une pub
pour géant vert ?), aux premières chaumières que nous découvrons.
Jeff a réussi a dénicher un magasin d’accessoires HD sur cette petite
île ! Si-si ! Environ 250 Harley… Et… Alex ! Dépêche-toi d’acheter ton
Tee-Shirt…tu es encore à la bourre !
Comme il nous faut aussi notre dose de péripéties, nous revenons sur la
côte Ouest par le Ferry de la compagnie Syltfaehre à bord de laquelle
nous dégustons les plus merveilleuses saucisses au curry qui soient,
tout en naviguant vers l’Ilde de Romo ! Les garçons ne peuvent
s’empêcher, GPS en main, de nous indiquer que la vitesse de croisière du
Ferry est de 60 km/h… Et François de leur annoncer que nous, ce matin
dans le Shuttle, en direct des intempéries, … tu sais, pendant qu’Ils
étaient bien au chaud !… le train avait fait des pointes à 90 kms/heure,
nous empêchant presque de tenir debout.
Notre embarquement n’est cependant pas sans attirer un attroupement
constituant, peut-être, l’attraction principale de l’Ile…
En quittant le Ferry, nous apercevons le premier drapeau danois flottant
au vent… Nous découvrons rapidement que, comme aux Etats Unis,
fréquemment les habitants hissent pavillon face à leur maison.
Vers 19:00 nous atteignons notre premier gîte de groupes à RØnde.
Nous voilà posés pour 3 jours. Trois jours où il est permis de s’étaler.
Super ! après trois jours itinérants. Et qui dit : gîte de groupes,
entend : groupe ! Nous partageons donc un appartement avec Cyrille et
Dodo, Jeff Suzan JP et moi. Trois chambres séparées, une salle commune
ET UNE salle de bain / toilettes pour 6. De quoi rire encore un bon
coup. Comme à la colo. Même que JP s’improvise plombier…et nous inonde
tout soudain !!
Les repas ne sont pas inclus. Qu’à cela ne tienne, nous partons à
l’assaut de RØnde by night ! Bah, on est là pour ça, non ?
Le restaurant Fishing du Golf, nous séduit. Nous y faisons halte alors
que la pluie se remet à tomber, drue. C’est copieux, délicieux et…
désert !
Nous faisons fuir le seul couple qui pensait sans doute dîner en tête à
tête… Nous en profitons pour refaire un briefing sur la façon de rouler
en convoi, les nécessités à rabâcher, et le stationnement, propre, net,
de nos motos sur les parkings en ville. Le débat est ouvert, les rires
aussi.
Jour 4 : Lundi 11 août. Env. 450 Km
Nous décidons de nous poser et de découvrir la baie d’Århus, en
commençant par un solide petit déjeuner, directement à la boulangerie.
C’est, semble t-il une coutume ici. Tu commandes au comptoir et la
boulangère te prépare café, thé… et te beurre même tes tartines ! Top
classe ! Nous établissons notre camp de base pour 3 jours de petit déj.
façon–pays.
Elle est si serviable qu’elle nous enseigne nos premiers rudiments de
danois : Bonjour = Hi ! – Merci = Tak ! – Au-revoir : Fovel ! Aah ! Tout
de suite, on a l’air moins sot !
Le temps se lève, il semble que le soleil ait envie de vouloir
s’installer un peu… ça nous arrange nettement, depuis notre départ.
Ventre plein (trop !), nous partons à la découverte de cette région
d’élevage. Prés où se succèdent vaches, moutons et chevaux, défilent.
Pas grand chose pour arrêter le vent, le gouvernement s’y emploie en
semant des éoliennes, qui poussent comme des champignons !
Patrice assure le reportage filmé, à l’arrière du Trike de François,
j’écris appuyé sur le dos de JP en roulant ! Le groupe va bien. Nous
sommes à l’écoute de ce que nous découvrons, les yeux et l’esprit grands
ouverts.
Les signalisations sont hyper respectées. Comme aux US, les feux passent
à l’orange quelques secondes pour avertir de leur passage au vert.
Les Vikings sont blonds, très blonds et de l’avis des hommes, les femmes
sont belles (ils ont raison, de l’avis des femmes aussi, bonnes
joueuses, !)
Nous remontons, Nord Ouest, jusqu’à un restaurant, à Skive. Les regards
portés sur notre groupe, nous font prendre conscience de la discipline à
tenir. Pas facile cependant lorsque l’on est douze, de ne pas parler,
souvent un peu fort ou de partir d’un énorme éclat de rire. Il est
évident que cette attitude choque parfois certaines discrètes
consciences locales…
Idem, dans les rues, l’intérêt envers nos montures reste un peu frileux.
L’appel de la route est le plus fort. Nous reprenons un Ferry pour
traverser les Fjords. L’exposition d’un sculpteur nous attend de l’autre
côté de la rive. Entre la plantureuse poitrine de sa sirène, les garçons
trouvent un repos compensatoire… A moins que cela ne torture leurs
consciences ?
Nous rêvions tous de découvrir cette partie des Fjords. Pour l’heure la
mer réfléchit les reflets de métal du ciel et le vent violent se charge
d’entretenir la course folle des nuages. Nous sommes en plein mois
d’août et pourtant bien tentés d’enfiler les moon-boots… Une consolation
: une bonne partie de l’Europe est noyée sous cette grisaille.
Vers 19:00, nous échouons dans une pizzéria à Viborg. Déserte, elle
aussi… Personne non plus dans les rues… Mais que font les habitants ?
Déjà quatre jours de voyage et je suis cassée… comment est-ce possible
après seulement 2033 kms ?
Pour fêter ça, j’accepte les anti-inflammatoires de François !
Nous repartons à la nuit (a t-il fait jour, pour moi, ce jour-là ?). La
lune est superbe, presque pleine. Mais l’astre ne se laisse pas
facilement photographier, avec les vibrations de la moto… Tant pis, je
l’admire jusqu’à notre retour en rêvassant que si le beau temps venait à
flirter avec la prochaine, peut-être aurions-nous la chance que le
soleil brille davantage au-dessus de nos têtes jusqu’à la fin de notre
séjour…
Soixante-dix-huit kms à l’observer, avant notre retour au gîte. J’ai
aussi un œil rivé sur le GPS qui se charge du décompte des kms pour moi…
Vivement mon lit. Mon empire contre ce petit sur-matelas de laine et sa
couette moelleuse toute blanche !
Jour 5 : Mardi 12 Août.
Au réveil, le temps est maussade mais sec !
C’est une journée détente qui est prévue. Yes !
Yess-bis ! Nous visitons la Concession de Cap’s à Århus, histoire de
compléter notre collection d’un nouveau pin’s pour le revers de nos
blousons. Et c’est là que l’impensable se produit : Suzan, qui faisait
de la résistance jusque là, craque pour un blouson HD !!! Bouches bées,
scotchés, nous la regardons glisser petit à petit sur la pente douce de
l’appel de « l’autre dimension », qu’elle ne connaît pas encore très
bien, quand nous, nous en sommes à exiger notre piqûre de rappel
fréquente. Comme elle, nous avons connu cette résistance, cette
revendication vers l’indépendance… Comme c’est loin, et si proche
pourtant !
Jeff fait la connaissance d’un authentique Viking-Dano-Suédois-Harleyiste,
au look sauvage !
Århus est une superbe ville, très fréquentée, festive. Après la
désertification des Fjords de la veille, nous apprécions ce mouvement et
la jeunesse qui donne l’impulsion à cette ville. Partout de l’animation,
des terrasses – parasols chauffants en renfort - (ou plaids fournis sur
toutes les chaises)… Ici l’ambiance est dehors, contre vents et marées.
Un magasin de cycle nous attire et plus particulièrement, en vitrine un
vélo électrique avec un moteur en V… ça nous donne comme un goût de déjà
vu – mais où ? Même les vélos (incroyablement beaux), s’appellent Electra
! Vous aussi, ça vous rappelle vaguement quelque chose ? Patrice, en
achetant un pouêt en profite pour semer son argent, Jeff rêve d’avoir
des cheveux pour entrer chez les nombreux Frisor, quant à JP, il se met
« en (re)construction ! « pour chef d’œuvre … en péril… » Chut ! Faut
pas lui dire !
A l’abri dans une chouette taverne, nous regardons le déluge qui nous
attend au-dehors… Nullement dérangés les Danois, poursuivent leurs
activités, avec flegme. Dans le resto aussi, par groupes de trois ou
quatre, les jeunes déjeunent, posément, (impassibles ?). Ils suivent
posément sur les écrans les J.O de Pékin. Il s’agit justement de la
retransmission d’un match Danemark…contre… j’ai oublié ! Et le Danemark
perd… Pas de débordement, pas d’expression de déception non plus…
Depuis deux jours, nous cherchons à nous mettre au diapason de cette
tranquillité… Y parvenons-nous ?
La pluie s’installe, il nous faut cependant repartir. La zen attitude
finit par nous gagner : nous achetons un parapluie (tiens ! Orange ? I
don’t know why !) et des ponchos de pluie. JP ressemble davantage à une
pub pour préservatifs. Quant à Flora, elle réutilise celui de François,
reçu en paquetage lors de Nigloland !! Et, il est ? … Orange aussi ?!
pas possible…
Aucun policier dans les rues, certains vélos ne sont pas cadenassés,
tout est propre, respecté et nous traversons dans les clous.
Avant notre retour au gîte, qui est notre dernière soirée avant de plier
bagages pour le lendemain, Dodo, (que l’idée taraudait depuis plusieurs
jours) et moi, remplissons un caddie du nécessaire / pique-nique pour la
soirée : de quoi nous faire des sandwichs avec… ce que nous trouvons… –
écrit en danois ! (parfois en anglais) et des indispensables bonbons qui
font envie à tout le groupe lors des arrêts aux stations service. La
colo continue !
Patrice et François, tirent de leurs sacoches, le rhum de leur Ile (La
Réunion), que nous réservions à une soirée qui- va-bien, pour nous
confectionner un punch très gai… qui me permet de photographier
consciencieusement, méticuleusement même, les smarties et les souris en
guimauve…
Rideau ! Semble dire la dernière photo de moi ce soir là. Tiens, c’est
bizarre, j’ai chaud… |
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Jour 6 : mercredi 13
Août : 150 kms
Quelques nuages que le vent se charge de dégager - au pas de charge ! -
et nous levons le camp.
Le Ferry n’est qu’à 12 :00, nous avons le temps de prendre
tranquillement notre dernier déjeuner chez notre amie la boulangère et
de poster la bouteille à la mer de nos amis d’Hannut !
Ce soir, nous serons à Roskilde – le prétexte de notre voyage. Et non,
le but !
La très jolie ville d’Ebeltoft nous arrête au passage avec un nombre
impressionnant de curiosités. Nous y faisons la rencontre d’un Français
vivant depuis 12 ans au Danemark. Nous en profitons pour satisfaire
notre curiosité sur les coutumes et le climat de la région. La saison a
été plutôt belle cette année, là l’été s’achève, l’hiver ? Autrefois il
y avait de la neige, moins ces dernières années. Il admire nos machines
et nous en demandant le coût, il développe le système économique du
pays, pour la plupart de ses habitants. Comme à l’Américaine : leurs
véhicules ne leur appartiennent pas vraiment (c’est une sorte de leasing,
avec un turn-over tous les 2 ans afin de reprendre un véhicule neuf en
échange, ce qui leur permet aussi, grâce à un remboursement d’impôts, de
pouvoir s’offrir (enfin, dans le cas de ce monsieur !), ses vacances. Il
faut dire que les taxes chez eux, c’est du costaud 200% !!!
Il nous faut cependant nous arracher à cette conversation, fort
intéressante, l’aventure continue…
Avec (encore ?!) un ferry, en direction de la région du Seeland, mais
alors superbe celui-là ! Enorme, immense, flambant neuf ! Puissant ! On
dirait qu’il ouvre grand sa gueule pour avaler l’asphalte et ses
occupants !
La traversée dure environ 50 minutes. Sur le pont supérieur, il fait un
soleil radieux. Enfin ! Le groupe est pris d’une euphorie générale :
nous sommes seuls sur le pont, ou presque, et nous jouons à : je suis le
roi du monde ! Pourvu que nous ne finissions pas comme Titanic,
cependant. La traversée devient cependant rapidement houleuse, au point
que la moto de Martine se décroche de son point d’ancrage. Martine est
décomposée : le carter porte quelques stigmates…
A 17 :30, nous sommes à Viby. Nous voilà fixés dans ce nouveau gîte de
groupes pour cinq jours. A nouveau, nous partageons un appartement avec
Jeff et Suzan. D’un point de vue fonctionnalité de couple, c’est
hilarant ! Jeff ayant un bourdonnement nocturne à décibels bruyantes,
est relégué dans la véranda… quant à Suzan, elle dort au dessus de notre
tête, dans sa mezzanine sans fenêtre, ne tient pas debout dans sa
chambre et doit descendre par une échelle de meunier, dans notre
chambre, sans porte !!! La colo continue.
Moment d’inquiétude lorsque nous ressortons dîner, pas un mouvement en
ville, pas une Harley… et nous sommes à deux jours du rassemblement. Un
Biker Italien, erre seul dans le restaurant où nous dînons.
Il est 19 :00, douze péquins dans les rues : nous !!!
Jour 7 : jeudi 14 août.
Pt déjeuner dans la suite de Bruno, Flora, Cyrille et Dodo.
Le but de notre balade matinale se profile : le Musée Viking.
Hilarité générale : le briefing des jours précédents porte ses fruits.
Sans nous concerter, chacun arrive en ordre rangé sur le parking. Mieux,
nous exécutons tous la même manœuvre harmonieuse et, pour la première
fois, nous réussissons un sans faute sur l’alignement impeccable des
motos. Nous l’immortalisons… L’auto-dérision est une école
indispensable…
La visite est à faire : il y a juste une astuce (tout à fait légale)
pour entrer gratuitement, que l’on a découverte…une fois repartis ! De
l’exhumation de Drakars ou de la fabrication de ces derniers, le site
est animé. Nous avons tout notre temps, la pluie vient de reprendre,
réveillant nos vieilles douleurs, parfois.
Viby - Copenhague : 38 kms. But de notre Run : la Petite sirène !
Comme d’hab’ depuis le début, il fait un temps maussade et le vent est
très fort. Nous devions partir pour la Suède, mais changeons nos plans
pour suivre les traces d’Hans Christian Andersen et de la sirène du
sculpteur Edvard Eriksen.
Pas question cependant de ne pas marquer un arrêt à la Concession de
Copenhague où nous retrouvons - coïncidence incroyable - notre
Viking-Dano-Suédois-Harleyiste-poilu !
La ville est magnifique. Nous posons les motos sur la grand place, face
au port, et échouons, par hasard dans un restaurant où le serveur est
Français ! Un crabe me tend ses pinces immenses. Un régal !
La promenade agréable sur le port, nous conduit directement au rocher de
la petite sirène. Elle est superbe et pas aussi petite que je
l’attendais. Les justes proportions d’une femme, pas une statue, pas un
jouet. Ses traits sont délicats, la pose naturelle, son regard se perd
vers le large. La légende raconte que, par amour pour un Prince qu’elle
sauva, elle sacrifiera ses nageoires contre des jambes, en échange de sa
voix. Le Prince ne la reconnût jamais, préféra en épouser une autre et
la sirène en mourût…
Retour à la nuit tombée.
Nous cherchons le site du rassemblement, histoire de repérer un peu les
lieux. Cette fois, ça commence à tourner comme des guêpes.
Jour 8 : vendredi 15 août
Cette fois, il fait soleil pour de vrai ! Remplis d’espoir, nous prenons
nos maillots de bain pour passer en Suède !
Le but de notre Run en Suède : acheter un Pin’s à la Concession
d’Helsingborg, plus si affinités…
La plage est superbe, certes, mais personne à l’eau… Le vent ne nous y
incite pas, d’ailleurs. Nous poussons plus loin pour reprendre le Ferry
.
La Concession est magnifique : lustre en cristal, décor et détails
amusants. L’accueil très sympathique. Mais on ne paye qu’en couronne
Suédoise ! Exit nos couronnes Danoises. Encore moins d’Euros ! Vive
l’Europe !
Au retour, nous marquons un arrêt à Malmö. Cette ville est surprenante.
Nous tombons en plein dans la semaine du Festival. Nous nous y
attardons. Le spectacle est indéniablement dans la rue. Et la tenue
vestimentaire souvent excentrique, le comportement libéral…
Retour par le fameux pont de l’Oresund et son prolongement par une Ile
artificielle, puis un tunnel. Ce pont, d’une longueur de 7,8 kms relie
les villes de Malmö (Suède) à Copenhague (Danemark). Magique cette
traversée ! Sauf pour Cyrille et Dodo en raison d’une course poursuite
avec une voiture incivile…
Une chance, pas un brin de vent pour la traversée, sinon position en
biais obligatoire pour motos et passagers.
En début de soirée, nous découvrons le site du rassemblement, y dînons
et profitons du concert avec des reprises standard qui ne nous laissent
pas les pieds au repos.
Jour 9 : Samedi 16 août.
Le grand soleil réjouit tout le monde. Ça y est : il s’installe ! Pas
trop tôt.
Nous sommes bien en avance pour la mise en place de la parade. Mais peu
de monde y prend rang. Au contraire, les Bikers semblent repartir…
Lentement, très lentement cependant, un cortège se met en place : 160 –
200 motos peut-être. Le programme annonce une parade sur 50 kms, dans
les environs. En fait de parade, il s’agit plutôt d’un Run. Sympa au
demeurant, mais pas la foule des grands jours le long des routes,
cependant.
Comme cela nous a sans doute creusés, j’imagine, nous retournons
consommer des Ribs dans le centre de Roskilde – désert – on s’habitue !
Jour 10 : Dimanche 17 août : Journée détente : 50 kms dans la
journée.
A force de nous prendre les intempéries sur le coin du nez, JP a profité
la veille de l’achat d’un grand imper Australien – en toile huilée.
Séance d’essayage au réveil, par l’ensemble de l’équipe, histoire de ne
pas perdre le rythme d’enfiler ces trucs-là tous les jours, comme nous
l’avons fait. Jeff ressemble à E.T, Alex et Bruno à des Pasteurs…Le plus
de l’imper ? Moins de place que le blouson et le panta dans les bagages,
un enfilage rapide et surtout, des boutons pressions à l’entrejambe qui
ferme l’ensemble comme une combinaison. So, why not ?
En chemin, une plage aux couleurs froides, nous interpelle. Quelques
hésitations, aux cours desquelles on entend des trucs du style : on
n’est pas venus jusque là pour ne pas se tremper … Pas cap’ lance
Cyrille à JP et Jeff ! D’ailleurs si vous y allez, j’y vais. Ces deux là,
juste pour la joie de faire tremper le Cyrille, se jettent (façon de
parler) à l’eau…(14 – 15°, l’eau !). La tête de Cyrile devient toute
chose… Obligé de s’exécuter…déjà qu’avec des paris stupides à Faak…
Nos Réunionnais hésitent longuement… Patrice se décide finalement : je
ne suis pas venu si loin, que Diable ! Impossible de décider François.
Quant à Alex, il déteste l’eau et préfère rêvasser sur un ponton.
Avantage : pas de choc thermique, il fait aussi frais dedans qu’à
l’extérieur et Bruno se sent pousser des cheveux d’algue sur le crâne…
Mais au fait… Dans quoi se sont-ils baigner ? Tergiversations : Mer du
Nord ??... Baltique ? C’est bien la Baltique, en effet !
Yeh, I did it !
Revigorés, sangs fouettés, les revoilà d’attaque on the road again !
Une halte plus loin, le hasard nous fait stopper face à un parking.
Pensant apercevoir la côte, c’est plutôt la semonce de plusieurs coups
de canons qui nous accueille. Nous sommes tombés sur le Fort de Tuborg.
Plusieurs passionnés ont sorti l’artillerie lourde et miniature, pour
quelques démonstrations publiques régulières. Du plus gros au plus
petit, la batterie est en parfait état de fonctionnement. Nos oreilles
beaucoup moins, après la séance…
Mon Dieu qu’il est fort ce canon ! Mon Dieu que ce Fort est canon !
Une aire de jeux jouxtant le fort, nous rappelle, d’une part que la colo
se poursuit, d’autre part, que nous ne sommes rien que des grands
enfants…cornets de glace à l’appui !
Retour au gîte pour notre dernière nuit au Danemark.
Nous décidons de réitérer l’idée qui avait bien fonctionné la première
fois : pique-nique à la maison !
Nous refaisons les courses (mais au pas de course ! Ce n’est pas un vain
mot !), avant de nous faire jeter par un impérieux Get out, now ! qui
n’a rien d’une plaisanterie !
Il est temps de quitter le Danemark, effectivement.
Pour fêter ça, Dodo et Cyrille confectionnent deux omelettes géantes aux
pommes de terre pour accompagner les agapes que nous avons eu le temps
de saisir au vol dans les rayons.
François propose de faire la vaisselle ! Photo ! Merci François !
Nous en profitons pour remercier chacun pour ce qu’il est, a fait ou
s’est illustré dans une action, durant le séjour. Les « oscars » sont
décernés symboliquement. N’oublions jamais qu’un groupe est solidaire
parce qu’il est constitué d’électrons libres et que la réussite d’un
voyage repose essentiellement sur la symbiose du groupe, de la libre
expression ou du libre arbitre qui y règnent. |