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Mulhouse
Ballainvilliers
INTERCHAPTER
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Quand nous avons appris
que le Chapter de Ballainvilliers venait passer quelques jours avec
nous, ça n’a pas vraiment frémi sous les casques.
Pensez ! Nous nous sommes
dits que ces bikers là devaient bon an mal an prendre deux virages, un
pour entrer à leur concession et l’autre pour en sortir.
Même pas peur d’eux, côté
fête non plus.
Ils viennent d’une région dont l’emblème est la betterave, alors qu’en
Alsace on sait brasser des bonnes bières et vinifier quelques divins
pinards.
Donc que ce soit sur la
route ou sur le dance floor on les attendait sereins, les cousins, genre
un petit sourire au coin des lèvres, de ceux que l’on aborde quand on a
surpris une Japi au freinage. |
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Nous avions tort !
Première rencontre tout là-haut dans les Vosges du côté du Markstein.
Les néo Parisiens avaient
déjà une petite poignée d’heure de retard, voilà qui nous confortait
dans nos premières impressions, ils devaient sans doute reculer dans les
épingles et mettre pied à terre dans les virages serrés.
On tuait le temps en rigolant, quand on a vu débouler une sorte de horde
sauvage mêlant le patoum - patoum des Harley aux chants d’une foule de
sirènes, et on en a pris plein les mirettes.
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Ces bikers là avaient dû
braquer les guirlandes de Noël de toute la commune de Ballainvilliers,
ça flashait plus fort qu’un radar un jour de départ en vacances et ça
brillait plus qu’un miroir de bordel.
Côté discrétion, c’est clair on fait mieux, notre grand tétras régional
(vous savez l’espèce de coq de bruyère des sommets des Vosges) ne s’en
est pas remis.
Et c’est désastreux pour
l’espèce, car quand le grand tétras est perturbé il ne baise pas ! Nous
, nous n’avons pas été perturbés (ouf !) mais un peu surpris quand même.
D’autant que les cousins
ont à peine ralenti en passant devant nous. Le temps de sauter sur nos
brelles qu’ils disparaissaient déjà sur la route des crêtes désormais
limitée à 70Km/h. |
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Mais ces diables de
Parisiens n’avaient sans doute pas vu les panneaux. Il a fallu cravacher
fort pour revenir dans leurs roues et y rester.
Est-ce que nous nous étions trompés sur les aptitudes des cousins ?
La réponse est tombée quand on a vu leurs safetys à l’œuvre et dans la
roue de Gaby, grand organisateur de cette rencontre.
Enfin, on a vu de loin…car
devant ça envoyait du gros gaz pour retrouver la vallée et l’apéro de
bienvenue à la concession.
Ils devaient craindre que les glaçons ne fondent avant leur arrivée.
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En fait, avec leurs
franches poignées de mains et les bisous de leurs ladies c’est la glace
qui a vite fondu entre les représentants des deux Chapters.
D’emblée tout le monde
s’est senti à l’aise et évidemment on a soigneusement évité de les
brancher avec nos premières histoires de virages.
Les verres défilant, les
langues se sont déliées et autour du premier repas nous avons tout
compris.
Là-bas du côté de Paris
ils forment les nouveaux en emplissant les sacoches de leurs motos de
gravier, en dégonflant un peu les pneus et en les envoyant faire un tour
de périph. à une heure de pointe.
En gros là-haut, ils n’ont
pas de virage mais ils ont des idées. |
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Et visiblement ça
marche !
Donc côté conduite, on ne pouvait pas trop les chatouiller. On allait
donc se venger sur la fête….
Mais là-aussi, nous avons
vite déchanté.
Ils forment leurs danseurs et leurs chanteuses comme
leurs safetys.
Les nanas portent leurs
strings de guerre sur leurs jeans et crient plus fort que des
poissonniers à Rungis.
Quant aux mecs on a l’impression qu’ils ont suivi
des cours appuyés de bourrée auvergnate en santiags.
Voilà, impossible de les bluffer sur ces deux tableaux.
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Il ne nous restait plus qu’une seule arme : leur en mettre plein les
yeux de nos paysages, de nos géraniums (qui sont le rouge à lèvres de
l’Alsace), de nos cités médiévales, de nos petites routes, de notre sens
de l’hospitalité, de l’amitié, de nos élus et de notre Crémant.
Et là on a marqué des
points et d’une seule main en plus.
Les cousins, au fil des journées, avaient les mêmes yeux que des gamins
dans un magasin de jouets un 24 décembre. Ils ont aimé, ils ont adoré
l’Alsace puis la Forêt Noire.
Ils ont aimé rouler avec
nous et nous avec eux. Ils ont fondu comme des munsters oubliés au
soleil, en découvrant les curiosités mijotées par Gaby. |
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Nous avons été privés de
dessert mais on a ri.
Nous nous sommes perdus, mais dans la bonne
humeur.
Ils nous ont même gratifiés d’une sorte de danse nuptiale du
plus bel effet.
Un haka marrant. Et les
cuirs étaient lourds quand il a fallu se quitter.
Bref, nous avons tous vécu une rencontre que l’on peut qualifier de CVO.
Forcément y’en aura d’autres.
Les cousins vont devenir
des frangins !. |
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article Jean-François, photos Christine et Thierry |
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