Edito de Catherine
Mars 2020

Lundi 17 mars, l’allocution présidentielle fige la France dans le confinement. Ce confinement rejoint celui des autres pays et dans le même temps  celui de la planète entière.

Le vertige  est saisissant. 

Cette liberté dont nous avions souvent peu conscience, prend tout son sens en la perdant. Liberté d’actions, de déplacements … annulés. Reportés les concerts, les rassemblements, les sorties, les runs… Impensable ! Irréel ! 

Planète et liberté… ce que nous avions de plus précieux basculent dans le confinement. Nous passons du « nous » au « « je » : un seul promeneur, un seul acheteur…  Ce qui constituait notre joie de vivre et nos partages très gaulois s’effondrent brutalement. 

 

Là n’est pas le débat et il ne m’appartient pas de l’entretenir, encore moins de juger.  

Puisque nous avons un peu de temps entre nous à présent, j’ai souhaité vous distraire avec deux ou trois petites choses.

Lorsque Marie m’a contactée pour me demander de reprendre du service – à l’occasion seulement ! -j’ai proposé  cette actualité confinée et de la traiter sans défaitisme. Les médias sont en première ligne pour ça !

Et puis, il n’a échappé à personne que Legend Motorbike renaissait. Qui plus est avec le printemps ! La symbolique est plutôt forte non ? Ça c’est l’information qui donne du baume au cœur de tous les Bikers – même confinés! Nous devions à JR et Marie cette aventure de presque 20 ans, puis à Laurent Sylvie et à toute une bande de joyeux drilles à leurs trousses, plumes et appareils photos sanglés sur les sissy-bars. Aujourd’hui Maya, Benoît œuvrent pour  le maillage patient des archives informatiques, Francis pour le Backstage, puis encore toute une bande que nous découvrirons au fur et à mesure. Travail titanesque ! Saluons surtout la performance au passage !

 

 Pour ma part, je n’avais pas conscience de faire partie de cette aventure qui s’écrivait pourtant sous nos yeux. Ce que je peux dire, avec le recul, c’est que je suis particulièrement fière de cet embarquement dans ces rassemblements d’anthologie, ces partages et ces aventures de dingues. 

En 2005, nous étions  nouveau-nés avec certains autres Chapters, des petits bleus … et personne n’est resté sur le bas côté à regarder passer le train Harley, la solidarité a joué immédiatement dans une ambiance de folie.  

Legend Motorbike lançait sur sa toile articles, photos, alertes et rassemblements. Je n’ai pourtant pas l’impression d’être un dinosaure mais Facebook balbutiait (Mark Zuckerberg ne lança la plateforme que pour les étudiants au départ) et Messenger en 2011, WatsApp (ne vit le jour qu’au détour de l’année 2010), Insta.(2010) et autres supports SnapChat (2011)n'envahissent pas encore nos vies et nos réseaux. La légende Bikeuse s’écrivait avec Le Legend, la première revue en ligne.

A présent, Marie poursuit la route et ne manque pas de liker pour entretenir notre communauté au point que je m’interroge souvent sur le secret de son énergie et de cette  promptitude à répondre sur nos commentaires ou publications ! 

La mémoire de Jean est entretenue, l’œuvre et l’histoire continuent. Nul doute qu’il est fier du chemin parcouru. 

 

C’est vrai que brusquement, nos déplacements se limitent maintenant à découvrir de nouvelles pièces de nos habitations, des ustensiles de cuisine, de ménage ou des outils dont nous n’avions peut-être pas entendu parler auparavant. Nous redécouvrons des membres de la famille… - tiens j’avais une femme ? des enfants avec qui rectifier l’éducation, des animaux surpris de notre présence H24 .Tout cela nous a semblé bien étrange la semaine dernière. C’est sans compter sur la capacité humaine à s’adapter et notre capacité de résilience. Ce que nous vivons en ce moment, jamais nous n’aurions pensé y faire face un jour.

Quelqu’un disait : « En voiture, tu déplaces ton corps mais en moto, tu déplaces ton esprit » ou quelque chose d’approchant. Il nous reste nos rêves passés et nos projets et l’attente au quotidien. Qu’à cela ne tienne, tout comme il n’est pas utile de laisser nos rêves s’empoussiérer, il y a fort à parier que beaucoup d’entre nous se sont activés pour que nos rutilantes n’en soient pas pourvues lorsque le moment sera venu d’ouvrir le garage ! 

« Nous sommes faits de l’étoffe de nos rêves » ne les rangeons pas trop vite. L’ennui est l’ennemi… Réinventons nos vies. Confinés, certes, mais pour parcourir l’espace de nos possibles. Nous ressortirons modifiés, barbus, hirsutes, ou la boule à z pour certains ! – mais nos ressources intérieures auront grandies, d’autres priorités seront nées. Et ce sera aussi bon qu’un bon vieux Rock sur un pick-up qui crachouille, bordel ! 

 

Lorsque ce virus sera derrière nous, nos jardins seront peut-être rangés au petit cordeau. Nos bibliothèques et articles en retard, lus. Nos yeux usés par des séries télé, des reportages de voyages. Des doigts seront râpés sur des guitares… d’autres agiles auront bricolés et briqués des motos. Pour l’instant, c’est le Legend qu’il est donné de découvrir, ainsi que l’excellent reportage de Christine sur la Route 66. Lorsque tout ça sera fait, eh bien ! Tout ce qui nous est essentiel et précieux sera dégagé, comme une route US  toute droite !

 

A l’heure où j’écris ces lignes, personne ne connaît ni la durée de cette pandémie, ni l’issue. La peur nourrie le négatif, alors haut les cœurs, faisons le pari de l’optimisme et nourrissons-le jusqu’à le rendre gros et gras - lui !

 

La vie est à réinventer et à rêver. « Réfléchir sur ce que c'est que vivre : c'est rêver sa vie » Gabriel Marcel – Philosophe.

 

Allez, tous en route vers l’espoir de jours meilleurs, sur nos chevaux de feu, rendez-vous à la croisée des chemins et  prenez bien soin de vous !